Faut-il rembourser son prêt par anticipation ?

Assurez votre credit ou vous voulez

L'épargne rapporte peu et certains particuliers sont endettés à des taux supérieurs au rendement de leurs placements. Ils peuvent être tentés d'utiliser cette épargne pour rembourser tout ou une partie de leur crédit.

Faut-il laisser dormir son épargne sur des produits fincanciers dont la rénumération se réduit comme peau de chagrin ? Ou l'utiliser pour rembourser son prêt immobilier par anticipation ?
Une question qui taraude certains épargnants. Le faible rendement des placements sans risques qui au mieux rapportent 4% incite, il est vrai, les ménages à repenser leur stratégie patrimoniale. " D'autant que dans l'ensemble, les Français n'aiment pas vraiment vivre à crédit ", souligne Maël Bernier, porte-parole du courtier Empruntis.

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Un pari sur l'avenir
Alors que faire ? La décision n'est pas simple. Avant de se jeter à l'eau, il est indispensable d'avoir une approche globale de son patrimoine avec une vision à long terme. " Rembourser son prêt par anticipation équivaut à faire un pari sur l'avenir ", avance Philippe Baillot, directeur de Bred Banque Privée. Actuellement, les emprunteurs doivent donc prendre en compte le possible retour de l'inflation dans l'année qui vient. " En période de hausse des prix, il est souvent judicieux d'avoir des crédits. L'emprunteur est deux fois gagnant : son actif se valorise et son passif, autrement dit sa dette, diminue ", précise Philippe Baillot. En attendant de savoir si l'avenir donnera raison aux économistes qui prévoient une hausse des prix à terme, l'emprunteur doit aussi tenir compte des frais liés à tout remboursement anticipé. A moins d'avoir négocié dès le départ avec son banquier de pouvoir rembourser son crédit sans pénalités, l'opération peut s'avérer assez onéreuse. Les pénalités de remboursement peuvent en effet représenter jusqu'à six mois d'intérêts ou 3 % du capital dû. " Mais elles sont négociables et, dans les faits, elles représentent en moyenne 1 à 1,5 % du capital restant dû ", explique Maël Bernier. Pour cette dernière, les banquiers sont plus conciliants avec les emprunteurs ayant souscrit un crédit à taux variable. " Mieux vaut éviter de s'affranchir d'un emprunt dont on a déjà commencé à rembourser le capital ", conseille Philippe Baillot.

Reconstituer une " marge d'emprunt "
Ensuite, tout dépend du taux de l'emprunt en cours. Plus il est élevé et plus il peut être judicieux, compte tenu du faible niveau de l'inflation actuelle, de rembourser son prêt par anticipation. L'opération pourra alors permettre à l'épargnant de reconstituer " une marge d'emprunt " afin de réaliser par exemple un nouvel investissement immobilier. D'autant que les prix de la pierre ont baissé et que les taux de crédit sont aujourd'hui à nouveau intéressants. Mais, là aussi, l'épargnant devra prendre garde aux frais occasionnés par ces différentes opérations et se demander si finalement le placement rapportera autant apès impôt que les coûts. Rembourser son crédit par anticipation ne s'improvise pas.

Comment renégocier son crédit

Il y a tout juste un an, au plus fort de la crise financière, les taux des crédits immobiliers étaient bien au-dessus de 5 %. Depuis, la donne a sensiblement changé, les taux d'intérêt ont chuté et les banques en meilleure forme proposent désormais des crédits à moins de 4 %. Ceux qui ont emprunté l'année dernière doivent-ils renégocier leur prêt ? Uniquement si le différentiel de taux est significatif (au moins 1 %). Car généralement pour obtenir de meilleures conditions de financement vous devrez changer de banque. " Les banques font peu d'efforts en ce moment, car elles ont peu d'intérêt à renégocier ces prêts qui sont toujours dans leurs comptes ", explique Maël Bernier, che Empruntis. Les exceptions à cette règle sont devenues rares et réservées aux trés bons clients. Dans les autres cas, vous devrez rembourser votre crédit par anticipation grâce au prêt d'un établissement bancaire, avec à la clé des pénalités parfois élevées (lire ci-dessus). Sans oublier de nouveaux frais de dossier. Reste que l'opération peut être payante. Prenons l'exemple d'un crédit de 200 000 euros souscrit en 2008 sur 15 ans au taux de 5,20 %. L'emprunteur fait racheter ce crédit par une banque concurrente et obtient un taux de 3,95 % sur une durée de 15 ans. Ses mensualités passent de 1 603 à 1 525 euros. Compte tenu des frais de dossier (500 euros) et des pénalités supportées sur la clôture du premier crédit (3 % du capital restant dû, soit 6 000 euros), il réalise au final une économie de 18 624 euros, selon Empruntis. L'emprunteur peut également profiter de la renégociation pour réduire la durée de son emprunt. Si sa mensualité augment à 1 691 euros et que la durée de son prêt est ramenée à 12 ans, il empruntera à 3.65 % et réalisera une économie finale de 31 706 euros.

Article extrait de Figaro Magazine publié le 03/10/2009 de Danilèle Guignot